Cet été là, on déciderait d'se barrer. On emmènerait des tentes, celles qu'il suffit de lancer pour qu'elles soient prêtes, des lampes de poche, des conserves, des duvets au cas où, les maillots de bain, quelques vêtements, de la musique, des livres et des rêves. A cinq ou six dans une bagnole pourrie, une pétrolette rouge ridicule, mais qui nous suffirait pour rouler le plus loin possible. Du reggae à fond, les fenêtres ouvertes et les coeurs qui battent. On irait s'évader dans un coin perdu, plein de soleil et de bonne humeur. On ferait les cons, on prendrait des photos, on se fabriquerait des souvenirs. Des putain de souvenirs. Et ça n'en finirait pas, du bonheur à l'état pur. J'vois d'ici les futals accrochés avec des pinces à linge, qui se balancent au gré du vent. Le feu de camp qui réchauffe les mains, les ombres dansantes sur les visages. La musique au poste de radio de la bagnole pourrie, portières grandes ouvertes. Cheveux détachés, chapeaux de pailles, pèt' à la main et vêtements de vacances. On marcherait pieds-nus sur la terre sèche. Trop chaud? On se soulagerait les papilles avec une petite bière fraîche. Trop faim? On ferait griller des merguez et des chamallow. Les nuits où la chaleur se ferait trop pesante, on dormirait dehors sur nos duvets, ou même sans rien, en bons routards qui se respectent. A la sauvage, juste allongés sur le sol, à découvert, en harmonie avec le reste du monde. Sereins. Et la dernière chose qu'on verrait avant de s'endormir, c'est le ciel rempli d'étoiles.